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La naissance d'Eva

​Le 28 Juin 2023, à l'atelier de l'artiste

Ouverture des portes pour l'exposition Plastique Plasmatique et Relationnelle

Avec Jodie Williams

& Martin Guillaud, Evangélia Pruvot

Artiste invité : Fanny Perrier Rochas

(20 minutes)

La Naissance d'Eva est une microperformance qui a eu lieu à l'atelier de l'artiste le 28 Juin 2023 à l'occasion de l'extraction de l'oeuvre Eva, sur le lieu de sa pousse. La performance prend la forme d'un rituel invoquant de nouveaux langages corporels autour du soin et de la médiation entre différentes échelles du vivant. L'artiste y invite la cantatrice Fanny Perrier Rochas à activer l'installation aux cotés de Jodie Williams. 

TEXTE    DE    LA    PERFORMANCE    

interprété par Martin Guillaud

 

« Vous allez dans quelques instants assister à l’extraction de l’œuvre. Il s’agit du moment précis où la peau de cellulose est extraite de son bain de bactéries et de levures après ses 3 mois Eva Tender en pousse dans sa sculpture-contenant d’incubation.

 

Le lien avec sa culture sera irréversiblement rompu, les structures des microorganismes perturbés et le processus symbiotique interrompu.

 

Ce moment n’existe pas encore et il n’existera bientôt plus.

 

Dans le bac, l’écosystème symbiotique continuera son cours et formera une nouvelle peau de cellulose. Pendant ce temps-là, la peau de cellulose extraite commencera son processus de séchage et perdra 95% de son poids en eau pendant deux semaines à un taux d’humidité contrôlé. Elle passera donc d’environ 40 kilogrammes à 200 grammes en 15 jours. Ne subsisteront sur la cellulose dépourvue d’eau que les traces de cette activité vitale passée.

 

Lors de l’extraction et de l’assèchement, l’œuvre sera extrêmement vulnérable. Elle pourra être colonisée par des microorganismes extérieurs, se déliter, se déchirer, se décrocher, se déformer.

 

Depuis le début de ce speech, l’œuvre s’est déjà métamorphosée plusieurs fois au gré des duplications cellulaires en cours. Si la réaction des microorganismes aux différentes interventions - avec des tissus, des pigments naturels et autres manipulations diverses, a pu faire l’objet de rapports très approximatif par l’humain récréatif, la réaction des microorganismes à son œil incessamment observateur est encore plus incertain.

 

Dans son rapport n°112, l’humain récréatif note : « toute mesure implique un échange d’information, par définition. »

 

Puis ajoute : « Observer l’œuvre durant ses 3 mois de pousse a été comme observer les mouvances dû ciel, comme si je pouvais palper, humer cette fugacité » 

© 2020 par Iri Berkleid

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